© Sidonie Hadoux – membre de l’association La Baraque

Janvier 2016, j’emménage à Johannesburg pour six mois, le temps d’un workshop de photographie. Mon pied à terre est une ancienne usine recyclée en résidence étudiante. C’est le début de l’année scolaire, les mini-studios sont pris d’assaut. L’humeur est peu studieuse, les soirées chaudes. Passé minuit, les couloirs hurlent aux retrouvailles et les murs fins comme du papier me racontent tout. Me voilà en cohabitation avec les « born free », cette génération née après l’apartheid, la mienne en occurrence. Quitte à ne pas dormir, autant les rencontrer. Voilà comment est né ce projet : en frappant aux portes de mes voisins de palier. 

Petit à petit, j’ai mis des noms et des visages. Des intimités, aussi : tou.te.s ont accepté d’être photographié.e.s dans leur chambre. Avant de procéder à la prise de vue, je leur demande d’écrire leurs rêves dans un carnet. Et les mêmes rêves concrets sont souvent revenus : avoir une carrière professionnelle réussie, et une famille. Oui, aujourd’hui en Afrique du Sud, il n’est (en théorie) plus interdit d’accéder à telles ou telles écoles, tels ou tels métiers, quand on est issu de la communauté noire. Alors il est désormais possible de rêver à briser le plafond de verre que l’apartheid a créé : des études prestigieuses, un parcours ambitieux, mais aussi des rêves de bonheur simple.

Dans les chambres aux murs blancs, toutes similaires les unes aux autres, il y avait tout à écrire. Le blanc fait place aux couleurs … à celles des posters et des vêtements. Au grès des personnalités, les jeunes décorent, illuminent, intimisent. Ce sont ces petits reflets de personnalités, que j’ai voulu exposer. Des couleurs sur des murs blancs, tout un symbole au pays de la nation arc-en-ciel.

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