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EX VOTO

Plage de Finisterra, Espagne

par Bengerite

Cadre idyllique, après un mois et 1000km à marcher sur les chemins de Saint Jacques de Compostelle. Quelques dizaines de personnes dorment sur la plage et tous les soirs, un grand feu où tout le monde se retrouve. Beaucoup, comme moi, n’y restent que quelques jours, pour se reposer et profiter des derniers instants du voyage. Certains sont là depuis un mois, deux mois, plus. Quelques-uns sont même là depuis des années : cette plage c’est leur vie désormais. Tous ont fait le chemins et pour ceux qui restent, ou plutôt, qui n’arrivent pas à partir, ça leur paraît si loin. Partir marcher pour se retrouver, oui, mais que faire lorsque l’on n’a rien trouvé ? Que rien ne nous attend après ? Situations compliquées chez soi, pas de chez soi, plus d’argent, un visa dépassé, aucune perspective au retour. Sur la plage, les jours s’enchaînent en dehors du temps et on les voit errer dans le flou sur cette plage paradisiaque qui s’avère sables mouvants. Perdus dans le vide entre ce que la société attend d’eux et la place qu’ils n’arrivent pas à trouver pour vivre en accord avec un soi qui leur échappe toujours. Que faut-il franchir pour se trouver soi-même ?

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