©  Nadia Raciti

EX VOTO

Santa agata

par Nadia Raciti

Ce travail photographique est né par hasard, sans aucune intention ni pensée.

Un jour, alors que je courais, j’ai été frappé par un kiosque à journaux votif que je connaissais déjà.

Une table d’extérieur avec des bougies usées, de la cire partout, du jaune, du blanc, du brun, de la poussière, des images de saints, une statuette représentant un petit ange.

Au centre de la table, vers le haut, l’icône d’une femme en prison, illuminée par un faisceau de lumière sur son visage, sa sérénité, représente, comme dans divers kiosques à journaux, la patronne de Sant’Agata de ma ville, Catane.

Jeune femme, vierge et martyre de seulement 16 ans.

Enfermée en prison parce qu’elle s’est opposée à un mariage contre sa volonté, car elle avait décidé d’être déjà consacrée à Dieu.

Là-bas, elle a été torturée, on lui a déchiré les seins avec des pinces.

Là-bas, elle est morte.

En observant ce microcosme, mes pensées et mes émotions sont allées directement à la vie.

C’était le début d’un voyage inachevé et peut-être que ce ne sera jamais un voyage.

J’ai décidé de photographier, de m’arrêter en vitesse et de mieux observer ; d’essayer de comprendre ce que mes yeux ont vu et ce que mon âme a ressenti.

Les couleurs, les fleurs, les cadeaux, les peintures, les parfums, les gestes des offrandes, les soins, la négligence, l’abandon… tout m’a ramené à la racine profonde de l’être humain.

Je ressentais, j’observais les offrandes ou les rituels des femmes, des hommes et des enfants invoquant le besoin d’aide, de liberté, d’amour, de joie, d’excuses, de pardon et de paix.

Des moments infinis où j’essayais de donner de l’espace à mon esprit et à mon cœur, attentif à chaque détail. J’essaie de toujours donner un visage à une scène du moment présent avec un profond respect, bien que n’ayant pas de foi chrétienne.

Je me rends compte que devant ces beaux kiosques à journaux, il y a des jeunes et des vieux, malgré les longues années qui ont passé… il n’y a pas de classe sociale, pas d’ethnie ou de race, pas de sexe, pas d’âge, pas de temps.

Il y a des prières, des invocations, des rites, des gestes d’un être humain qui s’adresse à quelqu’un.

Dans ces moments-là, je me rappelle clairement qui je suis et où je veux aller.

Je me mets au défi de trouver un point de rencontre avec eux, leur diversité et leur unicité.

J’aimerais visiter d’autres kiosques à journaux dans le monde, je pense, ils sont partout.

Je souris et je les vois déjà …

ENGLISH TEXT

This photography work was born by chance without any intention or thought.

One day while I was running, I was struck by a votive newsstand that I already knew.

An outdoor table with worn candles, wax everywhere, yellow, white, brown, dust, images of saints, a statuette representing a small angel.

At the center of the table upwards, the icon of a woman in prison illuminated by a beam of light on her face, her serenity.It represents, as in various newsstands, Sant’Agata patroness of my city Catania.

Young woman, virgin and martyr of only 16 years old.

Locked up in prison because she opposed a marriage against her will, as she had decided to be already consecrated to God.

In there she was tortured, they tore her breasts with tongs.

In there she died.

By observing this microcosm, my thoughts and my emotions went straight to life.

That was the beginning of an unfinished journey and perhaps never will be of a journey.

I decided to photograph, stop by speed and observe better; try to understand what my eyes saw and my soul felt.

The colors, the flowers, the gifts, the paintings, the perfumes, the gestures of the offerings, the care, the neglect, the abandonment … everything brought me back to the deep root of the human being.

I felt, observed the offerings or rituals of women, men and children invoking the need for help, freedom, love, joy, apologies, forgiveness and peace.

Infinite moments trying to give space to my mind and my heart, attentive to every detail. I try to always give a face a scene in the moment present there with deep respect, despite not having a Christian faith.

I realize that there in front of these beautiful newsstands some young others old, despite the long years that have passed … there is no social class, no ethnicity or races, there is no sex, there is no age, there is no time.

There are prayers, invocations, rites, gestures of a human being addressed to something to someone.

In those moments I clearly remember who I am and where I want to go.

I challenge myself to find a meeting point with them, their diversity and uniqueness.

I would like to visit other newsstands in the world I think, they are everywhere.

I smile and I already see them …

A diffuser sans modération !