Saison Se confiner-se relier

« Confinement général », « distanciation sociale », « #stayhome » : autant d’injonctions qui ont rejoint l’étrange lexique en vigueur dans cette deuxième décennie du XXIe siècle. Alors que nous essayons tous de donner un sens à notre vie en prévision d’une issue de cette crise sanitaire mondiale, nous devons, pour nous “relier”, inventer de nouvelles pratiques culturelles et modes de relations qui transcendent l’anthropocentrisme pour pouvoir faire face à ces changements indélébiles. D’ailleurs, interroge la romancière Lola Lafon dans Le 1 du 29 avril 2020. “ ne l’étions-nous pas déjà, “avant”, confinés ? Avant, quand le libéralisme numérique nous faisait de l’oeil pour mieux nous assigner à résidence, quand tout venait à nous, séries HBO et Uber-burgers, porno et formations professionnelles en ligne. (..) Oh, on le savait, que nos plaisirs, nos conforts, reposaient sur des corps épuisés, ces “autres qu’on glorifie aujourd’hui.” Les mesures d’éloignement et d’isolement – contraintes ou volontaires – n’ont fait qu’amplifier ces situations paradoxales. Inégalités qui se creusent, déploiement de mesures sécuritaires au potentiel liberticide d’un côté, élans de solidarité, parenthèse de réflexion et de repos de l’autre. Et pour vous, que signifie le confinement ? Dans quelle mesure projetez-vous un “monde d’après” ? Comment ce confinement a-t-il conditionné notre désir de tendre la main aux autres tout en nous en éloignant ? Comment a-t-il redéfini nos manières d’être ensemble et jusqu’au déploiement de tout un langage de l’absence et de la “distance” ? Ce contact humain qui semblait prêt à tomber en désuétude, ce besoin de sortir, de se toucher, de se parler, de manifester ou de faire l’amour se fait chaque jour plus impérieux. En Danois, il existe un mot pour dire cette “faim de peau”, apprenait-on dans un article de Johanna Luyssen publié par Libération le 9 mai dernier. Ce mot, “Hudsult”, n’existe pas en français. Ne serait-ce pas plutôt ce genre de mots qu’il nous faudrait inventer en cette période où la langue de bois semble avoir atteint à la fois son paroxysme et ses limites ? Ne s’agit-il pas aussi de sortir du fantasme d’un “monde d’après” vierge de tout passé, pour entendre, voir, s’inspirer d’expériences de vie déjà à l’oeuvre hors des sentiers battus ? Ce sont quelques-unes des questions sur lesquelles nous vous invitons à fantasmer avec nous en répondant à notre appel ouvert à participer au projet « Nouvelles cartographies ».

Faut-il grandir ?

Faut-il grandir ?

@ Brèches – Raphaël Martinez CHRONIQUES FAMILIALES Faut-il grandir ? par Anne-Sophie Berard Ma production est une interrogation sur ce que suppose le fait de grandir. J’y propose une réflexion sur la capacité, commune à l’enfant et à l’artiste,...
Edito – SE CONFINER – SE RELIER

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© Julien Pitinome – Collectif OEIL EDITO  « Confinement général », « distanciation sociale », « #stayhome » : autant d’injonctions qui ont rejoint l’étrange lexique en vigueur dans cette deuxième décennie du XXIe siècle. Alors que nous essayons tous de donner un...