© JULIEN PITINOME – COLLECTIF OEIL

Un réfugié Rohingya

 Poème de Mayyu Ali

A Rohingya Refugee

 

“I can be killed here in Bangladesh.
My body can earn a proper funeral.
Sending me back to Myanmar is immature,
Not even the assurance of a funeral there!”

 

Triggering suicidal ideas in Cox’s Bazaar
While my sisters are trafficked and my brothers kidnapped.
Every refugee wishes to go back home,
Why do I need to deny myself?

 

Despite the longest-running mind movie,
I still shout for justice.
All I want is to live again in my own home,
A safe life, to enjoy my rights.

 

The world I knew has gone,
My people were killed and displaced.
It’s the fourth time I have fled Bangladesh,
My life is spent just trying to survive.

I always ask myself during repatriation:
“Is this the last time?”
“Could I be fortunate enough to escape again?”
This time it is different. My heart is asking me.

Un réfugié Rohingya

 

« Je peux être tué ici au Bangladesh.
Mon corps peut gagner un enterrement correct.
Me renvoyer au Myanmar est immature,
même pas l’assurance d’avoir des funérailles là-bas ! »

 

Déclenchement d’idées suicidaires dans le bazar de Cox,
alors que mes sœurs sont victimes de la traite des êtres humains et que mes frères sont kidnappés.
Tous les réfugiés souhaitent rentrer chez eux.
Pourquoi dois-je me renier ?

 

Malgré mes ruminations qui ne s’arrêtent jamais,

je continue de crier pour que justice soit faite.
Tout ce que je veux, c’est vivre à nouveau dans ma propre maison,
Une vie sûre, pour jouir de mes droits.

 

Le monde que je connaissais a disparu.
Mon peuple a été tué et déplacé.
C’est la quatrième fois que je fuis le Bangladesh.
Je passe ma vie à essayer de survivre.

Je me pose toujours des questions pendant le rapatriement :
« Est-ce la dernière fois ? »
« Pourrais-je avoir la chance de m’échapper à nouveau ? »
Cette fois-ci, c’est différent. Mon cœur me le demande.

A diffuser sans modération !