EDITO 

Que reste-t-il des mouvements qui ont embrasé le monde les mois précédents la crise internationale du COVID19 et la mise sous confinement de la plupart des populations ? En France, en Catalogne, à Hong Kong, en Algérie, au Liban, en Irak et ailleurs, ces insurrections populaires portaient – et portent encore – des revendications plus que jamais nécessaires.

Alors que les mesures de distanciation cristallisent les inégalités et les incohérences de nos modes de vies, elles mettent en lumière les épineuses questions des frontières, des conditions de vie des travailleurs, des enjeux écologiques, de l’alimentation aux transports, mais aussi de la souveraineté politique, de la relocalisation, des violences étatiques et des atteintes aux libertés individuelles.

Alors comment continuer à se révolter et à combattre dans ce contexte où les restrictions et la surveillance croissante côtoient la peur et la tentation de baisser les bras ? Partout dans le monde, les mouvements tentent de s’organiser malgré tout, dans l’espace physique et virtuel. Colères affichées aux balcons et dans les rues, organisations de manifestations virtuelles ou respectant les normes de sécurité, revendications à coups de hacks, tweets et coup de gueules. Exhortations à penser le “monde d’après”.

Pour agir, il nous faut garder du courage – la rage au coeur –  de l’engagement et surtout de l’espoir : « Nous devons forcer ce monde à rêver un autre rêve, à inventer d’autres espoirs, à sortir des prisons battues du colonialisme et du néocolonialisme”, intimait Sony Labou Tansi, notre source d’inspiration fondamentale dans ce projet.

Tant que les systèmes d’oppression et d’inégalités perdureront, seules la lutte et la révolte nous permettront d’ouvrir la porte à d’autres possibles. Dans cette optique, pour faire grandir ce débat et ces connections mondiales, nous vous invitons à prendre part à cette action, par vos contributions à ce projet collaboratif sous forme de sons, vidéos, textes, danses, dessins, peintures, etc. Chaque point de vue nous permet de réfléchir ensemble aux Nouvelles Cartographies que nous souhaitons dessiner.

© Julien -Pitinome – Collectif OEIL

English version

What remains of the Global Protest Wave that inflamed the world in the months preceding the international COVID-19 crisis and the quarantine of most populations? In France, Catalonia, Hong Kong, Algeria, Lebanon, Iraq and elsewhere, these popular uprisings carried- and still carry- demands that are more necessary than ever.

While distancing measures crystallize the inequalities and inconsistencies of our lifestyles, they highlight the thorny issues of borders, workers’ living conditions, ecological stakes, from food to transport, but also political sovereignty, relocation, state violence and attacks on individual freedoms.

So how can we continue to revolt and fight in this context where restrictions and increasing surveillance are combined with fear and the temptation to give up? All over the world, protest movements are trying to organize themselves in spite of everything, in physical and virtual space. Wrath displayed on balconies and in the streets, the organisation of virtual demonstrations or demonstrations that respect safety standards, demands made through hacks, tweets and shouting. Exhortations to think the « next world ».

In order to act, we must keep courage – rage in our hearts – commitment and above all, hope: « We must force this world to dream another dream, to invent other hopes, to get out of the prisons beaten by colonialism and neo-colonialism, » said Sony Labou Tansi, our fundamental source of inspiration in this project.

And as long as systems of oppression and inequality endure, its opposite will be relevant through such struggles as to riot and to fight. In this light, we invite members of the general public to think with us along such lines. To contribute relevant materials in the form of sound, video, text, drawings, paintings, etc. to amplify this concern. Our diverse perspectives add to the substance of the conversation.

A diffuser sans modération !